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EL CLOWN de Pedro Adorno Irizarry et Emilio Rodriguez Vazquez



Les 14 èmes rencontres du cinéma sud américain, qui se déroulent à Marseille, rendent hommage au cinéma des Caraïbes, à travers une "musera itinérante". Oeuvres d'une région à l'identité singulière, un cinéma jeune et en plein essor... A découvrir.



EL CLOWN de Pedro Adorno Irizarry et Emilio Rodriguez Vazquez
Un clown abandonne sa famille du cirque CircCarib où il a monté un spectacle aussi amusant que poétique . Il a été repéré par une agence de casting , il tente alors sa chance à San Juan, attiré vers un avenir meilleur. Une agence de pub Mc Cain le sélectionne comme clown pour une campagne sur les hot dogs, il sera le Hot Dog Clown, l’ami des enfants. Toute ressemblance avec une célèbre marque internationale est évidemment... fortement recherchée. Son train de vie s’améliore, il s’installe dans un bel appartement, le studio lui donne une superbe voiture. Il tombe amoureux de Perla, la publicitaire de l’agence qui lui a fait passer son audition, a remarqué son talent et l’a imposé.
Il essaie cependant de renouer avec ses amis et lors d’une visite à son ancien cirque avec sa fille, réalise que ses amis et son ex-femme vivent dans une liberté créative qu’il a perdue. Mais acculés financièrement, ils doivent trouver de l’argent pour racheter l’entreprise. Se sentant manipulé, il se confie à une journaliste dont l’article irrite fortement l’agence qui décide alors de le renvoyer. Cette décision va mettre sa vie en péril…
On l’aura compris, ce film soutient une thèse sans tomber dans le sentimentalisme et le mélo : c’est une critique violente de la société capitaliste (américaine), des manœuvres cyniques pour vendre un produit... dégueulasse. Le clown leur plaît lors de la (formidable) scène de l’audition : non seulement, c’est celui, sur les trois comédiens qui se présentent, qui a le plus d’imagination et de talent dans son improvisation -il crève littéralement l’écran- mais surtout, il est choisi parce qu’il semble naïf et docile. Dès qu’il se montrera opposant, résistant à certaines manipulations, il sera éliminé. Son remplaçant est déjà trouvé dans le vivier de clowns de l’école de Hot Dog Town.
Il doit alors quitter ce monde de la facilité et des mensonges pour revenir parmi les siens, ceux de son monde, sa vraie famille. Et trouver une issue qui lui permette de se dégager du contrat... et de monter le premier cirque coopératif. Cependant il ne le fait qu’après avoir été viré, alors qu’il s’apprêtait avec son amie Perla à aider ses amis avec des méthodes nouvelles plus adaptées (site internet, media).
Un film généreux, coloré, joyeux, aux dialogues vifs dans un espagnol pur et limpide, interprété par des acteurs inspirés et naturels, sur fond de musique omniprésente jazz et salsa, tant il est vrai que « dans les Caraïbes, tout résonne, tout a un son » (Alejo Carpentier). Les scènes de pub sont un petit bijou, filmées avec art tout en soulignant la caricature du système publicitaire. Le montage est rythmé, allègre et étonnant avec la surdramatisation du dénouement jusqu’à la tout dernière pirouette finale. Les réalisateurs réussissent à cerner l’émotion de l’instant : d’abord l’incrédulité émerveillée du clown, l’espoir possible, puis la colère. Une découverte d’un cinéma original, d’une autre nature, un cinéma sans complexe, un autre regard vraiment intéressant à découvrir.

Sophie Chambon

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Pedro Adorno Irizarry est acteur et a travaillé avec le Bread & Puppet Theater. Il est metteur en scène pour le théâtre (Tun-cutún-tun, Luna Nueva, Una de cal y una de arena, El Adiestramiento, Pepín y Rosa, La descalza agonía, Marea Alta- Marea Baja y Respira).
Emilio Rodriguez Vazquez est réalisateur, scénariste, acteur et producteur. En tant que producteur et réalisateur, il a son actif les films suivants : El quiceañero, court métrage de fiction collectif, En la lucha, moyen métrage de fiction communautaire collectif, Domingo de Ramos, court métrage de fiction collectif, les documentaires suivants Península de Cantera et La otra cara del oro, documentaire (Ours d’Argent, Leipzig 1982, Prix de la Meilleure Photo, Tashkent 1983), 30 de agosto, docu-fiction politique (Prix spécial du jury, La Havane 1987). Correspondant de Guerre en Amérique centrale, 1979, La educación no se interrumpió est le premier documentaire sandiniste.

PORTO RICO / 2007/ COULEUR / 35 MM / 105’
Réalisateurs: Pedro Adorno Irizarry et Emilio Rodriguez Vazquez
Scénario: Pedro Adorno et Emilio Rodríguez

Prix spécial du jury au Latino Film Festival de Chicago et Prix de la chaîne de télévision PBS (Chicago)
Interprètes : Israel Lugo, Cathy Vigo, Marcos Mazo, Jaime Bello, Ernesto Concepcion, Jessica Rodriguez.

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Pascale Rousseau-Dewambrechies


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