Il y a du Chabrol chez Bruno Chiche et le réalisateur n'a probablement pas fini de s'entendre questionner sur cette "filiation". Toute la thématique du cinéaste disparu est présente dans "Je n'ai rien oublié" : la bourgeoisie de préférence grande, de préférence de province, de préférence détentrice d'un secret longtemps enfoui qui ne demande, comme tous les secrets qu'à voir le jour. Chiche comme Chabrol s'entoure pour illustrer son propos d'une pléiade d'acteurs remarquables. A commencer par Gérard, qui lorsqu'il fait du grand Depardieu nous enchante. Tout au long du film, l'acteur semble avoir retrouvé le plaisir de jouer, ressentir si bien son rôle qu'il l'interprète avec la sobriété nécessaire. Celle qui lui permet de dévoiler cette palette de jeu si subtile chez un homme de sa corpulence, montrant par là que le physique ne fait rien à l'affaire. Quand on est grand, on est grand!
Elvira, une maitresse femme, magnifique - dans tous sens du terme - Françoise Fabian ne veut pas mettre à la porte Conrad, quand il laisse brûler la maison de Trouville. Malgré les récriminations de son beau-fils, Niels Arestrup parfait en grand bourgeois alcoolique mondain, l'inintérêt de son petit fils pour cette question et les interrogations de la toute jeune épousée de ce dernier, elle règne altière sur sa grande maison bourgeoise. Les parquets craquent, le whisky scintille dans les verres en cristal, le personnel est stylé, peu considéré et distant, les piques et remarques assassines font à peine le bruit des fleurets quand ils sont mouchetés...
Conrad perd la mémoire. Dans sa tête "ça fait des petits trous, mais...en grand". Mais si la mémoire immédiate disparaît la mémoire la plus lointaine revient, précise, nette, tranchante, inquiétante, surgissante et oh combien inadmissible dans ce monde des silences feutrés, épais comme la couche de neige qui ensevelit le parc taillé au cordeau.
Il est des vérités qui dérangent, beaucoup. Des révélations que l'on voudrait taire à jamais. Mais la vérité n'est pas mauvaise à dire pour tout le monde. La vérité peut avoir le goût de l'enfance. Le goût de la fraternité retrouvée...
Sortie : 23 mars 2011
Réalisation : Bruno Chiche.
Acteurs : Gérard Depardieu, Françoise Fabian, Niels Arestrup, Nathalie Baye, Alexandra-Maria Lara.
Provenance : France
Genre : Drame
Durée : 1H33
Voir la bande annonce
Elvira, une maitresse femme, magnifique - dans tous sens du terme - Françoise Fabian ne veut pas mettre à la porte Conrad, quand il laisse brûler la maison de Trouville. Malgré les récriminations de son beau-fils, Niels Arestrup parfait en grand bourgeois alcoolique mondain, l'inintérêt de son petit fils pour cette question et les interrogations de la toute jeune épousée de ce dernier, elle règne altière sur sa grande maison bourgeoise. Les parquets craquent, le whisky scintille dans les verres en cristal, le personnel est stylé, peu considéré et distant, les piques et remarques assassines font à peine le bruit des fleurets quand ils sont mouchetés...
Conrad perd la mémoire. Dans sa tête "ça fait des petits trous, mais...en grand". Mais si la mémoire immédiate disparaît la mémoire la plus lointaine revient, précise, nette, tranchante, inquiétante, surgissante et oh combien inadmissible dans ce monde des silences feutrés, épais comme la couche de neige qui ensevelit le parc taillé au cordeau.
Il est des vérités qui dérangent, beaucoup. Des révélations que l'on voudrait taire à jamais. Mais la vérité n'est pas mauvaise à dire pour tout le monde. La vérité peut avoir le goût de l'enfance. Le goût de la fraternité retrouvée...
Sortie : 23 mars 2011
Réalisation : Bruno Chiche.
Acteurs : Gérard Depardieu, Françoise Fabian, Niels Arestrup, Nathalie Baye, Alexandra-Maria Lara.
Provenance : France
Genre : Drame
Durée : 1H33
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Je n'ai rien oublié de Bruno Chiche


