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My week with Marylin de Simon Curtis



3 ***

Marylin ou l'instinct pur



My week with Marylin de Simon Curtis
Le cinéma regarde le cinéma et nous livre la douleur d'une actrice, une star mondiale, LA star mondiale de tous les temps, qui croyait n'avoir pas de talent alors qu'elle était "l'instinct pur", comme disait d'elle Sir Laurence Olivier qui la dirigea dans "Le Prince et la danseuse".

"Coachée" (dirait-on aujourd'hui), entourée, pressurée, manipulée la somptueuse femme enfant n'avait pas ni droit ni accès à la liberté. Empêchée de penser, elle fut d'une certaine manière empêchée de vivre, mais elle retourna toujours à sa vie comme on retourne à son bourreau. Marylin victime du syndrome de Stockholm...

Si le film est de facture classique, sa distribution brillante de Kenneth Branagh à Judi Dench, en passant par le jeune et très talentueux Eddie Redmayne, ou par Zoe Wanamaker dans le rôle de Paula Strasberg, inquiétante de conseils répétés comme des mantras, donne à My Week with Marilyn cette dimension particulière dont les anglais (même si le film est anglo américain) ont le secret. La campagne sans doute et son parfum d'herbe mouillée... ses plans où pas un détail ne manque, sa caméra qui n'a pas son pareil pour effleurer une peau, capter une étincelle dans un regard mouillé, faire entrer la lumière par le côté, gauche en général comme dans un tableau flamand, etc...

Délaissée par Arthur Miller reparti pour les Etats-Unis auprès de ses enfants, manière délicate de s'éloigner de sa femme enfant dévoreuse de l'énergie créatrice nécessaire à tout écrivain, Marilyn va se tourner vers le troisième assistant de Sir Laurence Olivier , jeune proie facile mais que son intelligence et certainement aussi son éducation vont empêcher de sombrer dans un chagrin d'amour aussi juvénile que désespéré. "Le premier amour est un doux désespoir" lui dira Dame Sybil Thorndike !

Mais quoi que l'on dise ou écrive de My Week avec Marilyn ce qui restera est l'interprétation de Michelle Williams. L'actrice a capté quelque chose d'indéfinissable chez la star. Probablement son ingéniosité mêlée de désarroi quand ce n'était pas de désespoir. Sa sex/sensualité à fleur de peau et ses moues d'enfant perdue. Son besoin d'aimer et de séduire pour s'entendre dire (sans y croire jamais) qu'elle était aimée...
On sait qu'elle en mourut.

Sortie le 4 avril 2012

Réalisation : Simon Curtis
Scénario : d'après le livre de Coin Clark "Le Prince, la danseuse et moi"
Acteurs : Michelle Williams, Eddie Redmayne.
Genre : Drame
Durée : 1h39

Voir la bande annonce

Pascale Rousseau-Dewambrechies



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